Histoire de l’île Maurice

L'île Maurice, par son histoire mouvementée, a forgé une identité unique, mélangeant influences culturelles et héritages divers. Aujourd'hui, elle se distingue comme une destination touristique prisée, alliant beauté naturelle, patrimoine historique et richesse multiculturelle.
Histoire port louis île Maurice
Sommaire

L’île Maurice a vu le jour grâce à une éruption volcanique qui eut lieu il y a 7-10 millions d’années. Il est considéré comme la plus jeune des îles Mascareignes qui inclut Rodrigues (une île sœur qui se situe à 560 km à l’est de l’île Maurice) et les îles extérieures comme Agalega, St. Brandon et deux autres territoires contestés.

L’importance de l’océan Indien dans les échanges maritimes

Dès l’Antiquité, les progrès de la navigation ont incité les hommes à s’aventurer au-delà de la Méditerranée. Si l’océan Atlantique semblait représenter un obstacle en raison de sa taille et de sa traversée périlleuse, l’océan Indien est rapidement devenu un haut lieu d’échanges entre les peuples. Plus petit que son homologue atlantique, il était parsemé d’isthmes, de détroits et bordé de côtes et d’ensembles insulaires propices aux escales pour les navires à voiles. De plus, l’alternance des moussons et l’absence relative de tempêtes ont favorisé des traversées régulières et sûres.

Des échanges entre les peuples méditerranéens, d’Afrique de l’Est et du Sud-Est de l’Asie se sont rapidement développés. Deux routes maritimes se sont ainsi dessinées : l’une au nord entre l’Inde et l’Éthiopie, et un axe méridien s’établissant de la péninsule arabomusulmane, le long de la corne de l’Afrique en passant par Socotra.

Une hypothèse intrigante : la découverte de l’île Maurice par les Phéniciens

Alors que des navigateurs indonésiens se rendent sur les rivages de l’Afrique de l’Est et de Madagascar, c’est depuis le nord que l’océan Indien s’éveille à la vie maritime. Les peuples de la péninsule arabique deviennent les précurseurs de cette nouvelle ère. L’Égypte devient le point de départ de grandes expéditions maritimes, explorant le pays de Pount (actuelle Somalie) et les rives de la mer Rouge, bien que la navigation y soit difficile en raison du manque de profondeur, des massifs coralliens et des rivages marécageux. À cette époque, la mer Rouge et l’océan Indien sont considérés comme une seule et même mer, la mer Érythrée.

Vers 600 avant J.C, le pharaon Néco entreprend d’explorer les côtes orientales de l’Afrique en partant de la mer Rouge. Pour cette expédition, il fait appel aux Phéniciens, réputés pour être un peuple d’habiles navigateurs et commerçants. Grâce à leurs vaisseaux améliorés, leur technique de navigation, leur étanchéité des embarcations avec du « bitume », le renforcement des carènes par une carlingue, ainsi que leur pratique de la navigation nocturne à la Petite Ourse et du cabotage, les Phéniciens parviennent à réaliser des voyages de découverte exceptionnels. Ils longent les côtes africaines et contournent l’Afrique, accomplissant ainsi la première circumnavigation connue, près de 2 000 ans avant Vasco de Gama (considéré comme le premier Européen à atteindre les Indes par la voie maritime en contournant en 1498 le cap de Bonne-Espérance, découvert en 1488 par Bartolomeu Dias)

Certains historiens prêtent la découverte de l’île Maurice aux Phéniciens, ce peuple audacieux qui, outre la fondation de nombreux comptoirs en Méditerranée, s’est aventuré au-delà des frontières connues de l’Antiquité.

Les pionniers de la navigation dans l’océan Indien : les peuples de la péninsule arabique

Dès le VIIIe siècle, les Arabes étendent leur puissance commerciale dans l’océan Indien. Ils sont les premiers à atteindre la Chine, consolidant ainsi un vaste empire arabo-islamique s’étendant de l’Espagne à l’Indus. Le commerce joue un rôle essentiel dans leur prospérité.

Entre le VIIIe et le XIe siècle, après la conquête de l’Inde, les Arabes développent des relations commerciales avec les populations du littoral africain de l’océan Indien et établissent des comptoirs à Zanzibar, Mogadiscio, Kismayou, Mombasa, ainsi que dans l’archipel des Comores et sur les rives de Madagascar. Ces comptoirs sont indépendants les uns des autres et concurrents. Les échanges portent sur l’or, l’argent, les esclaves, les animaux exotiques, les tissus, les faïences et les verroteries fabriqués dans le monde arabe, en Inde ou en Chine.

À partir des Comores et de Madagascar, les Arabes installent les premiers établissements commerciaux aux Seychelles et aux Mascareignes, qui étaient alors des terres inhabitées. L’île Maurice, elle aussi, est mentionnée sur de nombreuses cartes musulmanes, portant différents noms arabes au fil du temps comme Dina Arobi.

carte dina arabia histoire ile maurice

Le saviez vous ? Certains prétendent que l’île Maurice aurait servi de refuge aux pirates arabes, qui cachaient leurs trésors sur ses terres.

La maîtrise de la navigation et des moussons par les Arabes

Les connaissances techniques des Arabes en matière de navigation et leur expérience du cycle de la mousson ont été déterminantes pour leurs expéditions dans l’océan Indien. Ils utilisaient la mousson du sud-est pour naviguer vers l’Inde et la Chine, tandis que la mousson du nord-est ramenait les bateaux vers l’Afrique. Ils se servaient de la boussole (découverte chinoise) et de l’astrolabe, dont ils étaient les inventeurs, pour connaître leur latitude et leur longitude. La légèreté de leurs embarcations et l’utilisation de la voile latine leur conféraient une aisance pour naviguer contre le vent. Grâce à ces connaissances, les Arabes maîtrisaient parfaitement l’océan Indien.

1494- La période portugaise : détourner le commerce des épices

En 1494, le traité de Tordesillas laisse aux Portugais le champ libre en Afrique et dans l’océan Indien. Ils décident alors de s’approprier le commerce des épices, de l’or, de l’ivoire et des esclaves, afin de ne plus dépendre des Arabes pour s’approvisionner en produits exotiques.

Courant 1500 – Découverte de Maurice par les Portugais

Dès 1500, les Portugais entreprennent la conquête des comptoirs arabes de la côte africaine de l’océan Indien. Ils s’emparent de ces territoires par la force, ouvrant ainsi une nouvelle ère dans la région.

Vers 1510, le marin portugais Domingo Fernandez Pereira fut sans doute le premier Européen à débarquer sur l’île. On retrouve le nom « Cirne » sur les premières cartes géographiques portugaises pour désigner Maurice, nom possiblement attribué au dodo, cet oiseau incapable de voler qui croissait en grand nombre sur l’île à cette époque.

mozambique map antique dina aroubi maurice

1598 – La re-découverte de l’île Maurice par les Hollandais

En 1598, lors d’une tempête, une flottille hollandaise de la Compagnie des Indes néerlandaise trouve refuge dans une baie au sud de l’île Maurice. L’amiral Wybrandt van Warwyck, à la tête de cette flottille, débarque avec ses hommes et découvre les immenses réserves d’eau, les ressources alimentaires abondantes (dont le fameux Dodo) et les magnifiques bois d’ébène de l’île. Ils décident alors d’établir un comptoir dans la baie qui leur servira d’abri et de point de ravitaillement pour les navires de la Compagnie des Indes néerlandaise. Ainsi naît Grand Port, et l’île est baptisée Mauritius en l’honneur du prince « Maurice de Nassau »  (en néerlandais : Maurits van Nassau)

Les débuts de la colonie hollandaise sont lents, car les Hollandais concentrent principalement leurs efforts sur Java, principal producteur d’épices. Ce n’est qu’en 1638 que les premiers colons hollandais s’installent à Grand Port, motivés par l’exploitation des bois d’ébène. Malheureusement, les conditions de vie sont difficiles, marquées par des épidémies, des intempéries et des invasions de rats et de sauterelles qui détruisent les récoltes. Déçus, les premiers colons hollandais quittent l’île en 1710.

1715 – Arrivée des Français

En 1715, l’île Maurice devient possession de la Compagnie française des Indes orientales, succédant ainsi aux Hollandais. Elle est alors renommée « Isle de France« .

ancienne carte ile maurice
http://www.carte-du-monde.net/pays-1783-ancienne-carte-maurice.html

Courant 1726, c’est le début de l’exploitation du sel aux salines du Tamarin, à son paradoxe Maurice disposera de 4 salines, il en reste aujourd’hui une en exploitation qui est également visitable durant une excursion à la journée

Saline ile maurice

1735 – Sous le gouvernement de Bertrand-François Mahé de la Bourdonnais, nommé gouverneur de l’île, la colonie commence réellement à se développer

Port-Louis, qui devient le chef-lieu des établissements français de la région, est fondée, des édifices, entrepôts et casernes militaires sont construits (dont plusieurs sont encore là aujourd’hui, tels que la maison du Gouverneur, le Château de Mon Plaisir à Pamplemousses, les Casernes centrales), et l’exploitation de la canne à sucre, du café, du poivre et de l’indigo est encouragée. Grâce à Pierre Poivre, qui introduit l’imprimerie et stimule la culture des épices, les Mascareignes deviennent une colonie prospère, élaborée et convoitée par les Britanniques.

Jardin botanique pamplemousse ile maurice vue du ciel

Durant cette période, la population va passer de 1 000 habitants en 1735 à  20 000 en 1 767, dont 15 000 exclaves. En 1788, un recensement est fait sur les colonies françaises, le développement est tel que le nombre d’esclave dépasse de loin les habitants libres, les chiffres pour l’île Maurice :

  • Blancs : 4 457
  • Libres de couleur : 2 456
  • Esclaves : 37 915

90% de la population est dons sous esclavages à l’époque,  il en est de même pour les autres colonies françaises que son la Guadeloupe, Réunion, Maurice, Sainte Lucie, Tobago, Guyane, Martinique, Saint-Domingue. Toutes confondues, les chiffres sont impressionnants :

  • Blancs : 54 069
  • Libres de couleur : 35 958
  • Esclaves : 782 988

1803 – Pret de 350 bateaux font escale en continue à Port Louis, un record. En effet, dans les dernières années, Port Louis est devenue la base française la plus importante à l’est de Madagascar sur tout les secteurs : riz de Madagascar, esclaves de ports arabes, épices de Java et d’Inde, etc.

1810 – La colonisation britannique

En 1810, après de nombreuses attaques des français sur des navires marchants anglais sous les guerres napoléoniennes, les Anglais conquièrent l’île Maurice par un débarquement de 10 000 hommes à Cap Maleureux, mettant ainsi fin à la domination française dans cette partie de l’océan Indien.

A cette période, la population s’élevait à 73 000 habitants, bien plus que lors du recensement de 1788, mais toujours avec le même ratio blanc / esclave, +80% d’esclaves.

Après le traité de Paris en 1814, l’île est officiellement reconnue comme britannique. Fait intéressant : les Britanniques consentirent à ce que les habitants de Maurice continuent d’utiliser leur langue, leur religion, leur code civil, leurs traditions et leurs douanes. Seuls les fonctionnaires français furent remplacés par des fonctionnaires anglais au sein de l’administration, ainsi toute l’économie se développa dans le cadre de l’Empire britannique, ce qui explique la double langue officiel. Pendant cette période, l’industrie sucrière se développe intensivement.

En 1833, l’importation d’esclaves est interdite, l a population est à 100 000 habitants pour 80 000 esclaves.

Le 1er février 1835, l’esclavage est finalement aboli, et les esclaves affranchis sont remplacés par une nouvelle immigration indienne venue travailler dans les plantations de canne à sucre qui connut un nouvel essor, et l’île prospéra. Le saviez vous ? Les planteurs reçurent une compensation de deux millions de livres sterling pour la perte de leurs esclaves importés d’Afrique et de Madagascar pendant l’occupation française.

1835 – 1840 – Construction de la Citadelle de Port-Louis

Fort Adélaïde (la citadelle)

1856 – Construction du Château de Labourdonnais, Avec une rénovation en 2006, aujourd’hui le Château de Labourdonnais est ouvert aux visites et invite les visiteurs à découvrir l’art de vivre du XIXe siècle à l’île Maurice.

Chateau de Labourdonnais

1860 – en à peine 27 ans, la population est montée à  200 000 habitants

1865 – Les deux premières lignes de chemin de fer sont inaugurées pour le transport de la canne à sucre

1869 – L’ouverture du canal de Suez change la donne pour l’île Maurice. En effet, celui-ci permet aux navires d’aller d’Europe en Asie sans devoir contourner l’Afrique par le cap de Bonne-Espérance. En d’autres mots, l’île de Maurice n’est plus sur route des Indes, c’est le début de la fin de l’age d’or de l’île.

1910 – 500 000 habitants sont atteins. En effet, entre 1835 et 1907, 450 000 indiens ont émigré sur l’île Maurice ce qui explique que la la population Mauricienne est aujourd’hui composée à 70 % de leurs descendants.

Le 3 octobre 1910 marque l’inauguration du Phare de la Pointe aux Caves, encore fonctionnel aujourd’hui, c’est également une attraction touristique. Jusqu’à cette date, de nombreux navires ont connu une fin tragique au large de la Pointe aux Caves. Le naufrage le plus célèbre dans cette région de l’île est sans nul doute celui du Banda en 1615. Le navire amiral avait à son bord un certain Pieter Both, célèbre gouverneur des Indes Orientales. (source).

Phare Albion ile maurice

1911 – Fin de construction du château de Bel-Ombre, Une des plus grandes demeures de l’île, un site touristique à ne pas manquer aujourd’hui

Le Château de Bel Ombre île Maurice

Jusqu’à la fin du xixe siècle,  a pauvreté s’accroît et beaucoup de gens émigrent vers Madagascar, l’Australie ou l’Afrique du Sud. Le nombre d’habitants retombe à 350 000 et Madagascar assure de plus en plus le rôle de plaque tournante dans l’océan Indien.

12 Mars 1968, de l’indépendance à nos jours

L’île Maurice accède à l’indépendance le 12 mars 1968, avec le Dr Seewoosagur Ramgoolam comme président et les couleurs rouge, bleu foncé, jaune et vert comme drapeau officiel.

drapeau ile maurice
Photo de Shubham Beeharry sur Unsplash

Elle devient une république le 12 Mars 1992. Rodrigues, faisant partie intégrante de la République de Maurice, bénéficie d’un régime d’autonomie locale depuis 2002.

Aujourd’hui, l’île Maurice compte une population d’environ 1 300 000 habitants, tandis que plus de 250 000 Mauriciens résident à l’étranger. Les Indo-Mauriciens, majoritairement hindous et musulmans, représentent la majorité de la population et jouent un rôle politique prépondérant, aux côtés des Créoles et des Sino-Mauriciens.

Octobre 1997 – Blue Bay Marine Park devient un parc national 

Plage Blue Bay

2008 – Le Morne Brabant , lieu touristique locale, mais aussi un symbole vivant de courage, de liberté et de résilience est insrit au patrimoine mondial de l’UNESCO

Blog Voyage Le Morne ile Maurice

 

 

 

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